Lorsque l’on aborde le problème de l’intégration en France, on oublie souvent de pointer un fait important : en France, on accepte toutes les religions mais on n’en aime aucune. Le sentiment anti-clérical est largement partagé et il peut heurter les étrangers dont les cultures sont plus « respectueuses » de la religion – ou pour dire mieux, d’une religion.

Une part essentielle de la culture de certains individus sera donc évacuée ou du moins dépréciée. Ce sentiment anti-religieux, auquel je tiens personnellement, est malheureusement un facteur défavorisant l’intégration du migrant ou de ses descendants, plus sensibles encore aux risques d’une perte d’identité et aux crises de schizophrénie que l’assimilation de deux cultures peut produire. Si bien que la « terre d’asile » qu’est la France pourrait bien prendre pour devise : « étranger, d’où que tu viennes, tu es le bienvenu, mais pas ta religion ».

Moscou, le 12 décembre 2014,

un mois avant les attentats qui ont touché les auteurs de Charlie Hebdo

 

Les islamistes n’ont pas tort : la France en veut à leur religion, comme à toutes. Et le but inavoué de notre république est, après les églises, de désacraliser les mosquées ; de défroquer l’imam après avoir défroqué le moine et le prêtre.

Istanbul, le 12 janvier 2015,

quelques jours après les attentats