Jour 7 : Weimar-Krefeld – 430 km

Après une agréable visite de Weimar, nous mîmes cap au Nord, vers la très industrielle Rhénanie. En attendant les usines et les hauts-fourneaux, nous traversâmes le Land de Thuringe, dont les paysages bucoliques nous enchantèrent. La route me sembla aussi belle que celle que nous avions empruntée en Pologne, dans la Mazurie. Elle tournoyait au milieu de collines verdoyantes, de petits villages au charme d’antan et de forêts où l’on aurait pu croiser des elfes ou des fées.

C’est dans ce décor de rêve que notre voiture nous inquiéta une nouvelle fois. J’entendais depuis quelques kilomètres un étrange frottement dans les virages. Comme j’étais le seul à l’entendre, on ne s’inquiéta guère. Jusqu’à ce que le bruit devînt si fort que nous fûmes obligés de nous arrêter. La jupe en plastique qui protègeait les roues et le moteur s’était détachée et venait frotter contre la roue avant droite et la chaussée. Je tentai une « opération » au couteau, découpant le plastique à moitié brûlé et désagrégé, afin qu’il soit le moins possible en contact avec la route et surtout avec nos roues.

L’opération fut couronnée de succès et nous reprîmes notre chemin. Hélas nous quittâmes bientôt le Thuringe. Je m’assoupis un peu. Quand je rouvris les yeux, le paysage avait complètement changé. La belle campagne s’était changée en une plaine industrielle et très urbanisée.

Nous arrivâmes dans la soirée à Willich, au sud de Krefeld, dans un motel dont le décor rose psyché évoquait des activités nocturnes tarifées. En face, un restaurant chinois construit au bord d’un petit étang fut le cadre idéal pour finir en douceur une longue journée de voiture. Le lendemain, une nouvelle journée importante allait se jouer ; pour ma mère, cette fois.