La charmante ville de Tivoli, située à une trentaine de kilomètres au nord de Rome, offre, du haut de sa colline bordée d’oliviers, une vue imprenable sur la capitale italienne et sa périphérie. Qu’il est bon de flâner dans les petites rues de la vieille ville avant de s’attabler dans quelque restaurant à l’atmosphère familiale. Cette cité ravissante abrite deux chefs d’œuvres, deux villas classées à l’Unesco : la villa d’Este (XVIe siècle), célèbre pour ses jeux d’eaux, et la villa Adriana (Hadriana en latin), résidence impériale du grand Hadrien (IIe siècle ap. J.-C.). C’est à lui que la ville, l’ancienne Tibur, doit sa notoriété. La vaste propriété (150 hectares) était une véritable ville comportant, en plus des logements impériaux, thermes, stade, gymnase, théâtres, hippodrome, bibliothèques, temples, on encore une petite île artificielle où l’empereur pouvait se retirer pour méditer. Cette villa devait résumer, par ses audaces architecturales et son faste, tous les lieux de l’Empire que le « fils » de Trajan avait chéris au cours de ses nombreux voyages. Ainsi, le vieil empereur, rongé par la maladie, aurait-il encore le loisir de voyager au cœur de sa villa. De ce rêve grandiose, il ne reste aujourd’hui que des ruines bucoliques, qui surgissent derrière un champ d’oliviers noueux, semblant presque aussi vieux que les pierres. Saisi par la douceur du lieu, on se prend à songer à la vie d’Hadrien, à son amour pour l’art, pour la vie, et la culture ; cœur noble de Grec ou de Romain, qui avait offert ici à son idéal, la Beauté, les matériaux et les plans pour inscrire sa gloire parmi les hommes.